Monday, November 4, 2013

L’homme montre qu’il est rebelle et hostile à Dieu et c’est en cela que le monde est considéré comme pécheur


 

Kosmos (le mot grec pour monde) prend une autre connotation lorsque l’humanité est envisagée dans son rapport à Dieu.  Elle est alors considérée dans sa déchéance, engloutie dans le péché et hostie à Dieu; dans ce cas kosmos, appliqué à l’humanité, revêt un caractère maléfique.  Le monde humain n’est pas mauvais en soi, puisque Dieu a créé les hommes et que son œuvre est bonne.  Mais dans la réalité, l’homme montre qu’il est rebelle et hostile à Dieu et c’est en cela que le monde est considéré comme pécheur.  C’est dans ce contexte que les termes kosmos et aion se rapprochent le plus.  Les païens vivaient selon « le dieu de ce monde » (littéralement « selon le siècle de ce monde »), en suivant « le prince qui règne entre ciel et terre » (Ep 2.2).  La sagesse de ce siècle ou de ce monde s’oppose radicalement à celle de Dieu (1 Co 1.20-21).  Il ne s’agit pas de nier les succès intellectuels ni la sagesse de ce monde, mais même les meilleurs résultats de la pensée ou de la raison humaines ne sont en dernière que folie, car ils ne sauraient atteindre la connaissance de Dieu.  Il n’est pas nécessaire de dévaloriser la sagesse et la connaissance humaines en tant que telles, mais dans la mesure où l’esprit humain est corrompu par le péché, ce serait folie de vouloir atteindre par ce moyen la connaissance de Dieu qui ne peut s’obtenir que par la révélation.
« L’esprit du monde », c’est-à-dire l’attitude générale et l’orientation de l’existence dans le monde se situent sur un autre plan que l’Esprit de Dieu (1 Co 2.2).  C’est pourquoi nul ne peut se vanter devant Dieu de la sagesse de ce monde, puisqu’elle n’est que folie.  Celui qui se confie entièrement dans les résultats de la sagesse humaine s’éloigne inévitablement de celle de Dieu (1 Co 3.19).  Les normes du monde, y compris les spéculations humaines, les traditions et même les religions, s’opposent au Christ (Col 2.8).  En dehors du Christ, toute l’humanité, Israël le peuple de Dieu y compris, demeure soumise à ces éléments du monde (Ga 4.3).  La liberté authentique ne peut venir que de la rédemption qui est en Christ.  Le monde possède sa religion propre qui enchaîne les hommes dans l’ascétisme et le légalisme d’une sagesse superficielle, qui peut susciter la piété et l’auto-discipline, mais qui est absolument incapable de résoudre le dilemme moral de l’homme (Col 2.2ss).  De ce point de vue le monde tombe sous le jugement de Dieu (1 Co 11.32) et a besoin d’être réconcilié avec lui (2 Co 5.19; Rm 11.15).
Source : Ladd, George Eldon.  Théologie du Nouveau Testament.  Traduit et édité par S. Rat et M. Schneider.  Charols, France : Excelsis, 2010,  chapitre 30 : L’homme sans Christ, page 416-17.

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