Kosmos (le mot grec pour monde) prend une autre connotation
lorsque l’humanité est envisagée dans son rapport à Dieu. Elle est alors considérée dans sa déchéance,
engloutie dans le péché et hostie à Dieu; dans ce cas kosmos, appliqué à l’humanité, revêt un caractère maléfique. Le monde humain n’est pas mauvais en soi,
puisque Dieu a créé les hommes et que son œuvre est bonne. Mais dans la réalité, l’homme montre qu’il
est rebelle et hostile à Dieu et c’est en cela que le monde est considéré comme
pécheur. C’est dans ce contexte que les
termes kosmos et aion se rapprochent le plus.
Les païens vivaient selon « le dieu de ce monde »
(littéralement « selon le siècle de ce monde »), en suivant « le
prince qui règne entre ciel et terre » (Ep 2.2). La sagesse de ce siècle ou de ce monde s’oppose
radicalement à celle de Dieu (1 Co 1.20-21).
Il ne s’agit pas de nier les succès intellectuels ni la sagesse de ce
monde, mais même les meilleurs résultats de la pensée ou de la raison humaines
ne sont en dernière que folie, car ils ne sauraient atteindre la connaissance
de Dieu. Il n’est pas nécessaire de dévaloriser
la sagesse et la connaissance humaines en tant que telles, mais dans la mesure
où l’esprit humain est corrompu par le péché, ce serait folie de vouloir
atteindre par ce moyen la connaissance de Dieu qui ne peut s’obtenir que par la
révélation.
« L’esprit du monde », c’est-à-dire l’attitude
générale et l’orientation de l’existence dans le monde se situent sur un autre
plan que l’Esprit de Dieu (1 Co 2.2). C’est
pourquoi nul ne peut se vanter devant Dieu de la sagesse de ce monde, puisqu’elle
n’est que folie. Celui qui se confie
entièrement dans les résultats de la sagesse humaine s’éloigne inévitablement
de celle de Dieu (1 Co 3.19). Les normes
du monde, y compris les spéculations humaines, les traditions et même les
religions, s’opposent au Christ (Col 2.8).
En dehors du Christ, toute l’humanité, Israël le peuple de Dieu y
compris, demeure soumise à ces éléments du monde (Ga 4.3). La liberté authentique ne peut venir que de
la rédemption qui est en Christ. Le monde
possède sa religion propre qui enchaîne les hommes dans l’ascétisme et le
légalisme d’une sagesse superficielle, qui peut susciter la piété et l’auto-discipline,
mais qui est absolument incapable de résoudre le dilemme moral de l’homme (Col
2.2ss). De ce point de vue le monde
tombe sous le jugement de Dieu (1 Co 11.32) et a besoin d’être réconcilié avec
lui (2 Co 5.19; Rm 11.15).
Source : Ladd, George Eldon. Théologie du Nouveau Testament. Traduit et édité par S. Rat et M.
Schneider. Charols, France : Excelsis,
2010, chapitre 30 : L’homme sans
Christ, page 416-17.

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