Toute attache ou affection humaine qui entrave la
décision de quelqu’un en faveur du Royaume de Dieu doit être brisée. C’est pourquoi Jésus ordonne au jeune notable
riche de se défaire de ses biens puis de devenir son disciple. Jésus met le doigt sur la chose précise à
laquelle cet homme est attaché; il doit y renoncer avant de pouvoir le suivre. Un homme doit être prêt à abandonner toute
affection quand il se décide pour le Royaume (Lc 14.33). Ce renoncement comprend la vie même de
l’homme; à moins de haïr sa propre vie, il ne peut être disciple (Lc
14.26). Évidemment, cela ne veut pas
dire que tout disciple doit mourir, mais qu’il doit être prêt à le faire. Il ne vit plus pour lui-même, mais pour le
Royaume de Dieu. Ce qui lui arrive n’a
pas d’importance, parce que c’est la destinée du Royaume qui importe par-dessus
tout. Telle est la signification des
mots : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même
et prenne sa croix, et qu’il me suive » (Mt 16.24). Ce n’est pas de l’abnégation, qui consiste à
se refuser certains plaisirs et certaines joies de la vie. L’abnégation peut avoir une fin égoïste. Des hommes ont recherché égoïstement leur
avantage en pratiquant l’abnégation. Le
détachement de soi-même est le contraire; il signifie le renoncement à sa
propre volonté afin que le Royaume de Dieu puisse devenir le suprême
souci. Prendre sa croix ne veut pas dire
se charger de fardeaux. La croix n’est
pas un fardeau mais un instrument de mort.
Porter sa croix signifie mourir à soi-même, à son ambition personnelle
et à tout dessein centré sur soi. Au
lieu d’une réalisation égoïste, aussi altruiste et noble qu’elle puisse être,
on doit désirer le seul règne de Dieu.
Source : Ladd, George Eldon. Théologie du Nouveau Testament. Traduit et édité par S. Rat et M.
Schneider. Charols, France : Excelsis,
2010, chapitre 9 : L’Éthique du
Royaume, page 129.

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